Kergombou
Kergombou

- Différentes graphie du nom du village | 1630 : Kergombou | Carte de Cassini : Kergombou | Cadastre actuel : Kergombou | Panneau : Kergomboù (L’accent sur le u signale un pluriel)/ Cadastre napoléonien : Kbarrégombou
(Un petit renseignement concernant le K barré, symbole de “Kêr”. Son interdiction dans les documents officiels émane du Ministre de la Marine et des Colonies, à destination des Autorités Maritimes, en date du 19 avril 1881:

« Interdiction du ķ, pour l’orthographe des noms propres dans la correspondance officielle » […] Ce mode de procéder pouvant entraîner une confusion et rendre plus difficiles les recherches dans les répertoires, tables alphabétiques, archives, … J’ai décidé qu’il ne serait plus fait usage du ķ dans aucune correspondance officielle, matricules, livrets, documents périodiques etc […] Le Ministre de la Marine et des Colonies Cloué. (Bulletin Officiel de la Marine 1880-1883 Tome 13) [source : An Drouizig qui propose une police de caractères KELT UNICODE pour le transcrire sur ordinateur])
Nombre d’habitants en 1846 : 53 dans 9 fermes de 2,23 ha (en moyenne) cultivables Nombre d’habitants en 1931 : 37 dans 9 fermes de 4 ha (en moyenne) cultivables altitude : 145m
La prononciation de ce nom balance entre “Kergombou” et “Kergoummou”. On y reconnaît le préfixe Kêr que l’on trouve dans des milliers de noms de villages en Bretagne. Il signale une ferme créée au cours des défrichements du XIIième siècle (désignée par kaer à l’origine, quand elle était fortifiée). La seconde partie du nom, “goummoù” ou “gommoù” peut être issu par mutation de komm, pluriel ”kommoù”, signifiant auge.
Dans le premier cas (des auges), une activité de foulage de la laine existait à cette époque et les noms de parcelles “Liorzh an toker” (=courtil du chapelier) , et “Liorzh ar c’houmig” =courtil du petit fouleur, ou de la petite auge, ou de quelqu’un nommé “Koum” (nom rapporté oralement par des habitants du village, correspondant à la parcelle 963C du cadastre de 1813, 291D de l’actuel, Liorz ar C’hourté (probablement le nom du propriétaire de l’époque, Jean Courté, prêtre vivant à Bodengar, +1683 info Job Pichon) rappelleraient un artisanat de feutrage de la laine pour faire des chapeaux, d’autant qu’un petit ruisseau saisonnier, indispensable à cette industrie, traverse le village près de ces courtils. D’autres noms de parcelles “liorzh kanab”, “park rouzi lin”, “gwach al lin” sont liés à la transformation du lin ou du chanvre. Cette hypothèse est plausible car on trouve par exemple un “Milin-gomm” (=moulin à foulon) à Landudec.
Plus simple : “ar c’houm” était aussi une auge en granit (par conséquent importée à Kergombou où il n’y a pas de granit) servant à piler la lande.
La forme “komb”(=vallée) est peu probable car le mot “komb” issu du gaulois “cumba” n’est pas attestée en breton anciennement (d’après H. Gwegen, OPAB).
Une piste à creuser, proposée par Herve Gwegen , inspirée par la graphie “Kergombout” de 1765 : peut-être qu’après Kêr on a affaire à “-gombout” forme mutée de “kombo(u)d”, avec le sens de lot de terre, compartiment, section de paroisse, circonscription territoriale, voire quartier mais aussi terrasse. Or le Kergombou ancien semble construit autour de liorzhoù (=courtils, jardins) en terrasses justement. Ce mot est attesté dans plusieurs toponymes bretons. Il est connu également comme patronyme (nom de famille “Combot”).
Une pierre tombale au nom de Marcel Querré, habitant de KCombo, +1859, (visible à l’écomusée) pourrait renforcer cette hypothèse.
Ici, une image (à St-Goazec) proposée par l’OPAB allant dans le même sens.
- Autre hypothèse qui mérite attention : M. Rannou de Penn-ar-gêr nous apprend qu’une vallée se dit “kamboullenn”, nom que l’on retrouve à Saint-Ségal dans le nom de village “kampoull”. On entend parfois prononcer “Kergambou” pour le nom que nous étudions ici, pas très loin d’un supposé “Kergamboull”.
Proposition d’écriture en breton standard : Kergombou
Sur la photo, on aperçoit les rochers qui dominent Kergombou : Roc’h-ar-Garreg (karreg=rocher), dont le plus imposant est Roc’h-tal (=le rocher-frontal) , visible du bourg, suivi de Roc’h-ruzigoù (= le rocher à glissades) . Roc’h-Beg-hir est au fond à gauche(=rocher en long bec). Une vue rapprochée ici : .