Stumenven

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Stumenguen en 1630, Stumenven sur la carte de Cassini, Steumenven sur le cadastre de 1813 et Stumenven sur l’actuel. Écriture qui fait interpréter le sens du nom en : stum=hauteur (–>Voir citation extraite de KerOfis  : “Stumm a le sens de forme et désigne également un coude de rivière, un méandre, mais parfois aussi une hauteur”), men=mein=pierres, ven=wenn=blanche (la mutation gwenn–>wenn n’est pas d’origine et ne correspond pas aux règles), ce qui a fait penser à un ancien site romain, du fait que les murs des romains étaient bâtis à la chaux et donc blancs. Des traces auraient été trouvées dans une parcelle près du village (pc ar hostier). C’est l’interprétation qui a eu historiquement le plus de succès (due à l’évocation d’un camp romain), à moins que l’on ait tout simplement affaire à un endroit où l’on pouvait trouver quantité de pierres de quartzite blanches (l’incendie de 2022 en a fait apparaître beaucoup, accumulées pour marquer des limites de propriété, depuis la fin du XIXème principalement).

Pourtant, les saint-rivoaliens prononcent “Steu” (conformément au cadastre napoléonien) et non “Stu”, ce qui peut faire penser à “steud’, alignement (longère ? murs ? trame de tissage ?), et “meunenn” ou meunuenn (et non “menven”), dont le sens n’est pas évident. Sans doute “méné-gwenn” (montagne ou lande blanche) ? Il y a une parcelle nommée “menez lann gwen ivin”=lande à ajoncs blancs nains, nommé kivin ailleurs [Daniel Giraudon. “L’ajonc sur le bout de la lande”] (#cadastre 1934 : C 789) à proximité de l’ancien site situé dans “Parc ar hostier” =Champ des maisons anciennes (cadastre 1934 : C 801). De plus, la tradition orale utilise plutôt “men” ou “min” pour “menez”. L’adjectif “gwenn” est souvent attribué à un lieu sacré ou un lieu de culte. Il y en a beaucoup en Bretagne (dont un à Pleyben). Ici, il s’agit d’une hauteur rocheuse, mais cela s’applique aussi à une source dont l’eau est réputée pure, donc propice à des pratiques rituelles. C’est assez plausible, car l’ancien site de Stumenven (pc ar hostier, cadastre 1813 : 905P) est installé près d’une source importante.

En se focalisant sur l’aspect matériel (et non religieux ou spirituel), on peut aussi supposer une extension des caractéristiques du site romain (le blanc de la chaux) à tout le menez de Stumenguen.

Si on garde la prononciation stu, cette partie du nom correspond peut-être à stuz (assolement, terre défrichée) qui pourrait désigner une parcelle située sur les pentes du Menez gwenn (la lande à ajoncs nains) que l’on pouvait apercevoir de loin, au temps des défrichements des landes. (Voir photo de situation ci-dessus, à imaginer sans les plantations de résineux qui ont remplacé la lande)

Alors, on reprend Stu+men+gwenn (men pour menez), on trouve la prononciation d’origine Stumenguen en cours au XVIIème siècle.

16301682
StumenguenStumenven

Proposition d’écriture en breton standard : Stumengwenn, transcription de l’écriture de 1630 suivant les standards du breton moderne.

Écriture comme image de l’oral : Stumenngwen

En annexe, un poème publié en 1922, , en breton d’Ivonig Picard , observant St-Rivoal depuis Stumenven.(traduction personnelle)